Midi libre mercredi 17 juin 1992
A Montpeyroux
A la recherche du souterrain.
L’énigme reste entière sur la présence d’un tel ouvrage reliant les deux châteaux du village
Des recherches souterraines ont été entreprises dernièrement dans le terrain situé au lieu-dit « les Cayrades ». Constitué d’environ un hectare de friche, ce terrain domine la propriété de M. Yves Creissac, dont il est séparé par un mur de plus de 3 mètres de haut.
Les deux propriétés appartinrent jadis aux seigneurs de Montpeyroux.
En 1489, Philippe des Deux Vierges, co-seigneur de Montpeyroux, viguier de Béziers, fit construire pour sa fille unique Madeleine, épouse de Augier ou Auge de Roquefeuil, vicomte de Cabanes, seigneur de Parlatges, une maison-château au lieu-dit a Les Cayrades », terrain qu’il venait d’acquérir.
Faute de preuve historique, on a toujours supposé que cet édifice, communément appelé « Château des Cayrades», formait un quadrilatère cent de remparts, avec une tour à chaque angle.
Quant à la forteresse féodale « Castellas », située sur la colline de Montpeyroux, elle paraît avoir de tout temps joué un rôle sécurisant, auquel s’ajoutait, peut-être, un rôle de relais caravanier. Toujours est-il qu’à compter du XVe siècle, les seigneurs ont toujours résidé au château de plaine des Cayrades qui, d’après un document plus récent, le cadastre de 1806, comportait deux bâtiments séparés, possédant chacun une tour.
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Certains anciens du village affirment même en avoir entendu parler par de proches parents.
Il est vrai que le départ d’une galerie se dirigeant vers l’ouest, et murée au bout de 10 mètres, permettait toutes les suppositions.
Récemment donc, une équipe de bénévoles de Montpeyroux a tenté, à l’aide d’une pelleteuse, de découvrir la présence du souterrain
Différentes tranchées d’une profondeur de 6 mètres ont été effectuées, malheureusement en vain. La pelle a alors été dirigée dans une autre direction, en suivant la voûte d’un départ de souterrain orienté plein nord.
Quelle ne fut pas la surprise des chercheurs, que de tomber sur un grand réceptacle de plus de 5 mètres de profondeur, au fond duquel débouche un drainage au nord qui se continue vers la maison-château au sud-est.
S’agit-il d’un puits ou d’une glacière ? Nul n’a pu jusqu’à présent y répondre. Ce grand réceptacle, obstrué en surface par des pierres du genre cailloutis d’apport, contenait bien à sa base des débris de poteries (vases) et des cols de bombonnes.
En revanche, aucune pierre de voûte ou pierre taillée n’a été remontée. Par ailleurs, un petit réceptacle dont on connaissait l’existence, a été mis à jour à l’est du précédent.
D’autres sondages, pratiqués dans la propriété de M. Creissac, près de la tour existante, et près de celle disparue au sud, n’ont rien révélé non plus. Sur ordre de la DRAC (Direction régionale des affaires culturelles), tous les sondages ont été rebouchés, à l’exception du grand réceptacle, non sans qu’un relevé topographia que minutieux n’ait été établi, et un dossier photographique constitué.
Pour lors, l’énigme reste donc entière, et risque de faire couler encore beaucoup d’encre.
A moins qu’il ne faille prendre le problème à l’envers, c’est-à-dire en partant de la forteresse féodale du Castellas. Affaire à suivre |